Pyr’Cat 2011 – Jour #03 – Du col de l’Ouillat à Las Illas

Chalet de l'Albère, jour #02

Vue du Chalet de l’Albère

… Presque 3 ans plus tard, reprendre le fil du récit de cette aventure. Nous sommes toujours là, juste un peu plus nombreux : une petite fille née en juin 2012 et un petit garçon à naître très prochainement. Nous imaginons nos futures randonnées à quatre, avec un rythme et une logistique adaptés. Nous rêvons aussi de vivre autrement, un jour, dans trois petites années sans doute, quand les enfants auront un peu poussé — plus nomades mais toujours en Ile-de-France car toujours en travaillant, davantage en plein air mais à l’abri d’une maison roulante. Les pages ouvertes par cette randonnée en autonomie dans les Pyrénées catalanes s’écrivent toujours au quotidien dans notre vie actuelle, pierres fondatrices de réalisations personnelles et collectives. Il y a eu véritablement un « avant » et un « après » ce périple de 10 jours…

Il y a eu également un troisième jour, chargé et rallongé, douloureux et chaud, mais gratifiant à l’arrivée. Levés à 6 heures 20 (ça change des 9 heures de la veille !), nous prenons un énorme petit déjeuner au refuge et chargeons notre sac d’un « panier repas » préparé par nos hôtes pour les randonneurs.

9 kilomètres dans la matinée à travers forêt dense, sentier caillouteux, piste, chemin méditerranéen et beaucoup de descente. Une randonneuse semble avoir dormi au creux des champs de genets, cheminaude des temps modernes à l’écart des refuges.

Nicolas doit changer l’équilibre de son sac au bout de 5 kilomètres, constatant de fortes douleurs cervicales. Mon ampoule au talon droit me fait souffrir dès la première demi-heure : nous sommes encore en rodage et notre corps ne s’est pas tout à fait lové dans notre activité de marcheurs.

T'as le look, pépette !

T’as le look, pépette ! Jour #3

Nous arrivons dans la ville-frontière du Pertus à 11 heures, écrasés par la laideur de cette cité et la ribambelle de touristes en quête de tabac bon marché. L’avantage pour nous est de recharger notre réserve de pansements à ampoules, plus que nécessaires vu la tête de mes pieds. Une bonne bière en terrasse ombragée est également bienvenue : finalement, toutes les villes sont belles.

Nous repartons à 12 heures 30 sous un cagnard de fou, et ça grimpe et ça grimpe et ça n’en finit plus, sur une piste d’abord goudronnée puis en cailloux, d’une monotonie effarante. Grosse fatigue post-prandiale et mal aux ampoules, on s’arrête à l’ombre sur ce que nous croyons le haut de la côte… mais non, ça grimpe encore !

Comme une petite fatigue...

Comme une petite fatigue… Jour #3 Après le Pertus

Une piste conduit au Mas Bardès près duquel nous aurions dû camper mais finalement nous continuons, la différence entre la carte et le terrain est flagrante et nous n’élirons pas ce lieu pour logis. La prochaine étape, Las Illas, est indiquée à 2 heures 40 de marche. On traverse un camp naturiste (sans en croiser un seul) puis une ferme avec un cochon peu avenant qui tente de nous courser. Mon tuyau de poche à eau est foutu, il fuit sans discontinuer. Nicolas me passe le sien et nous boirons désormais à deux dessus.

Mas'Nou, camp naturiste - #Jour3

Mas’Nou, club gymnique et d’expression naturiste – #Jour3

Dès que nous croyons la côte finie, ça grimpe encore, et sévère ! Je préfère me dépêcher pour souffrir moins longtemps. Je suis quand même super contente de l’efficacité des pansements à ampoules, je me demande comment faisaient les randonneurs avant cette invention… Pouvaient-ils seulement continuer de marcher ?

Enfin ça descend sec, sur du bitume donc nous remettons nos embouts sur les bâtons. Nous croisons deux randonneurs arrivant dans le sens inverse — je rappelle que nous sommes les fadas qui sans le savoir se tapent le GR10 « à l’envers », occasionnant des étapes un peu plus corsées. Malgré la précarité de l’aventure qui commence à poindre (douleur physique, crainte de manquer d’eau), j’ai la forte impression que les GR côté français sont des parcours très balisés, pensés comme une architecture de la randonnée en montagne, du type « tiens, on va leur mettre un petit passage dans les cailloux, le sentier herbeux c’est de la gnognotte ».

Avant l'arrivée à Las Illas #Jour3

Avant l’arrivée à Las Illas #Jour3

Les randonneurs croisés nous indiquent la direction d’un gîte d’étape dans l’ancienne mairie du prochain village, très joli mais un peu à l’abandon avec ses enfilades de maisons à vendre. On arrive chez la vieille dame qui s’occupe du gîte, suivi de près par un autre couple en voiture mais « ici, on n’accueille que les randonneurs ». Nous avons l’habit, on nous laisse nous installer.

Gîte d'étape de Las Illas : pour randonneurs exclusivement #Jour3

Gîte d’étape de Las Illas, attention si vous cliquez la photo est en odorama #Jour3

Il s’agit d’un dortoir de 7 lits superposés (donc 14 couchettes), une cuisine collective, des sanitaires, un lavoir, le tout très propre. Une bonne douche (aaaaaaah ! trop bon !) et dehors, un orage éclate. On a bien fait de presser le pas ! Après une petite lessive, nous nous accordons une petite bière au restau local « Hostal dels trabucares ». Nous revenons au gîte pour déguster notre super panier-repas (1 sandwich au jambon, 1 tomate, 1 yaourt, 1 compote, 1 petite madeleine, 1 barre céréale, 1 oeuf dur). Le tout est avalé goulument malgré l’heure (18 heures 30) et c’est l’occasion de discuter avec les autres occupants du gîte : une femme qui a fait tout le GR10 depuis Hendaye, 2  jeunes anglais qui finissent la HRP, avec un portage de 15 à 17 kilos pour l’homme et 12 kilos pour la femme. Nous avons des progrès à faire, Nicolas portant quasiment ses 20 kilos quotidiens en raison notamment du matériel collectif de popote (pour ma part, je suis à 12 kilos, mini-bouquin compris — mais sans ma peluche fétiche, je l’ai pesée avant de partir et bien que de petite taille, elle était trop lourde ! :) )

Au lit à 20 heures, dodo à 20 heures 30, claqués !

Les enseignements de cette journée où nous avons enchaîné deux étapes initialement prévues : faire impérativement une pause entre 11 heures et 15 heures si la chaleur est trop pesante…

Demain, jour 4, l’Espagne !

Les chiffres du jour :

  • Distance : 24,1 km
  • Dénivelé positif : 611 m
  • Dénivelé négatif : 1002 m
  • Temps de marche : 7h07 (pauses comprises)
  • Altitude mini : 282 m
  • Altitude maxi : 948 m
  • Eau (pour 2, repas du soir et café du lendemain compris) : 2 litres chacun

Le parcours du jour :

(voir aussi le parcours sur openrunner)

PyrCat 2011 – le parcours, jour #03

PyrCat 2011 – le parcours, jour #03

Le profil du jour :

Pyrcat 2011 – le profil, jour #03

Pyrcat 2011 – le profil, jour #03

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